Trois poèmes de Sonia Lambertini dans la revue Terres de Femmes

 

danzeranno

Lire ici les trois poèmes de Sonia Lambertini extraits de «Danzeranno gli insetti» (Saya editore, 2016) traduits par Silvia Guzzi pour la revue de poésie numérique Terres de Femmes (avril 2016).

 

 

Quand rien ne t’est dû et tu ne sais comment
tu connais le cercle noir qui te hante tu demandes
quel étrange projet a pris tes yeux
pour les emplir de couleur jaune ocre et rouge (…)

*

Quando nulla ti è dovuto e non sai come
conosci il cerchio nero che ti assedia chiedi
quale strano progetto ha preso i tuoi occhi
per riempirli di colore giallo ocra e rosso (…)

 

[extrait de Sonia Lambertini, “Danzeranno gli insetti”, Saya editore, 2016 – traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

 

Cinq poèmes de Silvia Bre dans la revue Recours au Poème

couverture barricateLire ici les cinq poèmes extraits de Silvia Bre, « Le Barricate misteriose » (Einaudi, 2000) traduits en français par Silvia Guzzi pour le numéro 158 de la revue Recours au Poème – Mars 2016

 

 

Écoute, une allée j’avais
de roses infinies
à regarder le soir,
des ciels de violettes
où le lierre rampait à grandes toiles,
j’avais des cordes d’amour.
Et regarde maintenant
comme tout est réduit dans une mire,
que ma route finalement j’ai perdue
dans le monde des choses
et je sens pousser des branches neuves
et le ciel je l’ai, allongé sur les doigts
et j’aime, et je m’enferme
tout entière dans la vie.

[extrait de Silvia Bre, « Le Barricate misteriose », Einaudi, 2000 – traduction Silvia Guzzi]

*

Ascolta, un viale avevo
di sterminate rose
da guardare la sera,
cieli di viole
che l’edera rampava a grandi tele,
avevo corde amorose.
E guarda adesso
com’è tutto raccolto in un mirino,
che finalmente la mia strada ho perso
nel mondo delle cose
e mi sento salire rami nuovi
e il cielo ce l’ho steso sulle dita
e amo, e mi rinchiudo
tutta nella vita.

[extrait de Silvia Bre, « Le Barricate misteriose », Einaudi, 2000]

 

 

“Il dono a volte è solo un vetro opaco…”, par Silvia Bre dans la revue Terres de femmes

 

marmoLire ici le poème de Silvia Bre dans la rubrique “Poésie d’un jour” de la revue de poésie numérique “Terres de femmes” (février 2016), choisi et traduit par Silvia Guzzi

 

 

 

 

Le don parfois n’est qu’un verre opaque
à reconnaître au milieu de rien (…)

 
[traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

*

Il dono a volte è solo un vetro opaco
che va riconosciuto in mezzo al niente (…)

 
[Silvia Bre, “L’argomento”, in Marmo, Giulio Einaudi Editore, 2007 [ebook 2014], p. 9. Premio Viareggio-Rèpaci 2007]

Cinq poèmes par Mariangela Gualtieri dans la Revue Paysage écrits

 

copertina-GPLire ici les cinq poèmes extraits de Mariangela Gualtieri, « Le giovani parole » (Einaudi 2015) traduits par Silvia Guzzi pour le numéro 26 de la Revue Paysages écrits.

 

 

Le voilà gorgé
de blessures et de ciel. Il s’appelle
homme. Il s’appelle femme. Il est ici
dans le bleu de la planète –
il dit maman. Il dit chien
ou aurore.
Le mot amour il l’a inventé
attrapé dans le gel.
Perdu. Loin. Seul. Il l’a écrit
aux empreintes de rouge
dans un silence éboulé
sous la neige.

 
[traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

 
*

 
Ormai è sazio
di ferite e di cielo. Si chiama
uomo. Si chiama donna. È qui
nel celeste del pianeta –
dice mamma. Dice cane
o aurora.
La parola amore l’ha inventata
intrappolato nel gelo.
Perso. Lontano. Solo. L’ha scritta
con ditate di rosso
in un silenzio caduto giú
dalla neve.

 
[in Mariangela Gualtieri, “Le giovani parole”, Einaudi, 2015, p. 97]

Sept poèmes de Silvia Bre dans la revue Terre à ciel

 

978880620585GRALire ici les sept poèmes extraits de Silvia Bre, “La fine di quest’arte” (Einaudi, 2015) traduits par Silvia Guzzi pour le numéro de décembre 2015 de la revue Terre à ciel.

 

 

Mais penser, penser c’est s’affranchir,
esprit qui rêve endormi dans la terre :
en toi qui me regardes et es
ce que je suis
je détends mon corps fidèle
né pour raconter la lune
quand d’elle-même elle s’en va
quand sans nous désormais elle va vers personne.

 
[traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

*

Ma pensare, pensare è affrancarsi,
mente che sogna addormentata nella terra :
in te che mi riguardi e sei
quello che sono
distendo questo mio corpo fedele
nato per raccontare della luna
quando va via da sé
quando senza più noi va da nessuno.

[in Silvia Bre, “La fine di quest’arte”, Einaudi, 2015, p. 26]

 

For Liu Xiaobo, in jail in China – par Stefano Serri – dans la revue Iris News

 

Liu-Xiaobo-

 

à lire sur le site Iris News : QUALE IDIOMA, par Stefano Serri

 

 

Cinq ans après la remise du Prix Nobel pour la Paix, pour sa campagne pour la défense des droits démocratiques en Chine, le poète Liu Xiaobo n’a pas à ce jour pu retirer son prix. En effet, Xiaobo est actuellement incarcéré dans une prison chinoise, à la suite d’une condamnation de 11 ans de réclusion pour avoir fait circuler une pétition en faveur des droits démocratiques pour les citoyens chinois.
Nous avons voulu rendre hommage à Xiaobo, et lui exprimer notre solidarité en traduisant dans plus de vingt langues le poème « Quale idioma » de Stefano Serri, extrait du recueil « Prove di un discorso » (publication imminente aux éditions Oèdipus), entièrement consacré au poète prisonnier.

Traductions (dans le désordre) par:

Gray Sutherland (anglais), Di Leiqing (chinois), Antonio Nazzaro (espagnol), Silvia Guzzi (français), Chiara De Luca and Eva Taylor (allemand), Vera Lucía de Oliveira (portugais), Karel Sergen (néerlandais), René Hooyberghs (flamand), Evangelia Polymou (grec), Emilia Mirazchiyska (bulgare), Eliza Macadan (roumain), Arben Dedja (albanais), Jolka Milič (slovène), Milan Dobricic Milan Dobričić (serbe), Rubeva Aishe (turc), Riccardo Campion (polonais), Paolo Galvagni (russe), Leila Karin Kiiskinen (finnois), Tahar Bekri (arabe), Nahid Norozi (perse).

Trois petites fugues, par Gabriella Sica sur Iris News

 

Gabriella_Cara_EuropaThree little fugues from Cinque Fughette europee in Cara Europa che ci guardi (1915-2015) Rome, Cooper, 2015 Translated into English (by Davide Trame), French (by Silvia Guzzi), Spanish (by Antonio Nazzaro), Serbian (by Vesna Andrejevic)

 

Fughetta n. 1

Cara Europa che ci guardi cupa
l’aurea corona ora s’è storta
e più sottili spine ha la rosa
d’uragano sa il tuo perdurare
invernale
il tuo perpetuo umiliare.
Nella nebbia
le mine vaganti del terrore
ma ci apri a primavera
più furente e più violenta
l’ampia canzone
della pura immensa gioia.

E sarò oliva che scivola matura
dall’albero nodoso d’Europa.

[in Gabriella De Sica, “Cara Europa che ci guardi”, Cooper, 2015]

« La poca la povera cosa… », par Silvia Bre dans la revue Terres de femmes

 

photo@Patricia Weibel
photo@Patricia Weibel

Lire ici le poème de Silvia Bre, publié dans la rubrique « Poésie d’un jour » de la revue de poésie numérique « Terrres de femmes » (novembre 2015), choisi et traduit par Silvia Guzzi

 

 

 

La petite la pauvre chose
se met devant, se pose
comme une femme cachée
dans un voile de mariée (…)

[Traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

*

La poca la povera cosa
si mette davanti, s’imposa
come una donna nascosta
in un velo da sposa (…)

[in Silvia Bre, « Intonazioni nell’eco di Narciso », La fine di quest’arte, Giulio Einaudi editore, Collezione di poesia 429, Torino, 2015, pagina 53.]

“Io amo chi siede…”, par Silvia Bre dans la revue Terres de femmes

 

pwUn poème de Silvia Bre, publié dans la rubrique “Poésie d’un jour” de la revue de poésie numérique “Terres de femmes” (octobre 2015), choisi et traduit par Silvia Guzzi

 

 

moi j’aime qui s’assied
avec tout contre sa chose muette
et quand il se couche
la contient (…)

[Traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

*

io amo chi siede
con accanto la sua cosa muta
e quando va a dormire
la contiene (…)

[in Silvia Bre, “La fine di quest’arte”, Giulio Einaudi editore, Collezione di poesia 429, Turin, 2015, p. 66.]

Dix poèmes extraits de “La Raccolta del Sale”, par Alessandro Brusa

 

photo@Kirby Kaufman
photo@Kirby Kaufman

dix poèmes extraits de “La Raccolta del Sale” (Giulio Perrone editore, 2013), proposés et traduits par Silvia Guzzi, accueillis dans le numéro d’octobre 2015 de la revue Terre à ciel et publiés en simultanée sur le blog de poésie italien PoetarumSilva (lire les dix poèmes dans les liens ci-dessous)

 

J’ai converti mes pas en empreintes de géant

je l’ai fait avec la simplicité inculte du paysan
qui à l’été invoque la pluie à sa guise ;

je me suis fait ténu au fil du temps
avec lenteur et passant à une maille plus fine
je me suis étreint à la gorge
en un seul instant, après le coucher du soleil ;

mais à présent je suis là et dans ce monde de rues
je ne sais de quelle voix te dire mon nom,
si la fragilité est un bois que je ne connais pas.

[traduit de l’italien par Silvia Guzzi]

*

Ho tramutato i miei passi in orme di gigante

l’ho fatto con l’ignoranza spicciola del contadino
che all’estate chiede pioggia a suo piacimento ;

mi sono fatto sottile negli anni
con lentezza e calando ad una maglia più fine
mi sono stretto al collo
in un momento solo, dopo il tramonto ;

ma ora sono qui ed in questo mondo di strade
non so con che voce dirti come mi chiamo,
se la fragilità è un legno che non conosco.

[poème extrait d’Alessandro Brusa, “La Raccolta del Sale”, Giulio Perrone editore, 2013]

*

Ce poème a été traduit en anglais par l’auteur lui-même et est paru dans le numéro de juillet de la revue “Assaracus”:

I turned my steps into those of a giant

I did it like common peasants do,
with the same ignorance they
ask summertime for as much rain as they like;

I grew thinner with time
slowly, and sinking to a smaller mesh
I hang on to my neck
in a single moment, after dark;

but I am here now, and in this mess of ways
I don’t know what voice will tell you my name,
if frailty is a wood I don’t know.

 

LIRE LES DIX POEMES SUR TERRE A CIEL (octobre 2015), suivis d’extraits de l’introduction par Matteo Fantuzzi

LIRE LES DIX POEMES SUR POETARUM SILVA